La vie en pschitt majeur


Toi sur moi

Ça reste quand tu poses tes mains chaudes sur moi. Une empreinte confidentielle qui ne regarde que nous. Ça reste quand tu souris des silences  lourds de je voudrais te dire. Une tonalité de certitude aux couleurs de toujours. Ça reste quand tu poses ton regard sur mes envies et ma vie. Une lumière de confiance mêlée d’impatience. Ça reste quand tu tisses une histoire qui en vaut la peine. Une trame de maintenant et d’encore. Ça reste quand tu souffles ton plaisir au mien enlacé. Un vent rauque d’élans jamais achevés. Ça reste quand tu fâches mes peurs. Un goût de juste punition pour ces gamines craintes. Ça reste quand tu regardes au loin en oubliant que je suis là. Une émotion de presque perdue, de toute abandonnée.  Ça reste quand tu séduis celles qui passent trop lentement. Un abîme de trahisons acceptées. Ça reste quand tu me confies tes fragilités. Un mouvement maladroit de don de toi, à moi.  Ça reste quand tu piétines mes désillusions  pour en faire un bouquet de possibles. Une senteur de croissance insoupçonnée. Ça reste quand ta main saisis la mienne. Un rempart contre les mauvais pressentiments. Ça reste là. Jusqu’à ce que tu l’oublies.


Emotions

Il y a des évènements qui vous bouleversent bien plus qu’ils ne le devraient. Faut-il en faire quelque chose ou les laisser à leur place ?

Il est des évènements aux couleurs de trahison. Ils empruntent le chemin de l’inattendu et du coup de tonnerre. Ils vous laissent chaotique quelques heures. Puis l’équilibre entre le juste et  l’injuste se rétablit brusquement, soudain les bonnes raisons reprennent leur place, enfin le bon sens chasse l’affection. Il est  des évènements qui ont le goût pervers de l’anodin et du sans importance, tout en emportant vos envies et vos insouciances. Ils rendent amères vos fraîches assurances et acidifient vos audaces joyeuses. Il est des  évènements aux sonorités criardes malgré le silence qui les entourent. Ils amplifient votre colère, malvenue certes mais qui cherche à s’approprier l’espace devenu vacant en vous, bien malgré vous. Il est des évènements qui vous laissent des bleus, amplifiés, déformés. Ils ouvrent la route sensationnelle d’une douleur sourde et lancinante, une vieille compagne que vous regardez avec un effroi impuissant vous envahir dans un frou-frou de résignations et de regrets. Et la tristesse reprend sa place de gardienne et vous envahit, douce et réconfortante. Ou vous décidez de lui coller des émotions en knock-out. Au choix.


C’est faux

Il y a des instants où l’on doute de faire ce qu’il faut, quand il faut, on a l’impression d’avoir tout faux. Mais…

Je n’oublie pas de regarder ceux qui m’entourent et je ne sous estime pas leurs émotions. Chacune trace une ride dans ma sympathie, mémoire de leurs joies et peines. Je n’oublie pas de prendre garde à ne pas froisser ceux qui m’accompagnent, car alors chaque pli ainsi créé me rendrait sale chiffon d’amertume. Je n’oublie pas de creuser en moi tout ce qui m’aidera à accomplir qui je suis. Chaque profondeur me révèle mes ombres paisibles alliées  au calme de mes jardins ensoleillés. Je n’oublie pas de croire en mes forces en les étirant parfois du bout des lèvres, dépliant un éventail de projets aussi futiles qu’essentiels. Je n’oublie pas de te laisser tracer en moi des sillons de désir, des spirales d’envie, des zébrures d’espoir, des marques d’acceptable. Avec dépit parfois, l’acceptation fait mal. Je n’oublie pas de jouer avec toi pour préserver qui je suis, librement aux autres, toute entière mienne, et te marquer sans cicatrice. C’est faux. Je fais ce que je peux.


Ne pas dépérir

Si tes épines sont toujours aussi dures, plonge-les dans du lait et du miel une nuit entière. Si tes feuilles sont  raides et altérées, bande-les pendant quatre jours de fines lamelles de soie macérées dans de l’huile de noisette. Si tes pétales sont désespérément fades, humecte-les d’éclatantes gouttelettes d’eau de rosée du printemps parfumées à la finesse du thym. Si ta tige faiblit chaque jour un peu plus, dépose à son pied des bulles de coton saupoudrées de sucre de canne roux légèrement caramélisé. Si ton parfum s’étiole trop vite, plonge dans ton terreau  quelques fraîches écorces d’orange et de fines pelures de banane.

Et laisse la recette faire sa magique œuvre, naturelle splendeur que tu laisses faner.


Egarements

Il lui a tourné la tête, il lui a chamboulé le cœur, il lui a tourneboulé le corps. Un tourbillon de sentiments aux allures de tornade quand les émotions s’emmêlent. Résister, se laisser faire, accepter, renoncer, s’opposer, tolérer, douter… Des mots doux, ronds, qui s’enlacent autour du cœur comme une écharpe douillette et chaude. Des mots précieux qui se resserrent quand le doute est là, quand la douceur semble cacher  la trahison. La tête s’emballe mais les mots coton sont là, s’enroulant toujours plus fort autour du palpitant, merveilleux étaux amoureux. Tournis. Soupçons et envie de confiance s’enchevêtrent, toutes deux toxines mentales lancinantes. L’équilibre sera bientôt rompu. La farandole de mots doux s’emballe et enlace plus fort, le cœur étouffe et cherche un nouveau souffle.  Les mots sucre et miel lui donnent la nausée, les toxines s’en mêlent, cela regorge de trop plein. Vertiges savoureux,  qui se multiplient et deviennent excès. Grande roue sentimentale excessive. Descendre, vite. Ou dégringoler.


Ma confiance partagée

Je me souviens de son regard quand je lui souffle que vieillir est inéluctable, une affaire simple aux contours d’éternité. Je me souviens du tremblement de ses mains quand je lui rappelle que néanmoins vieillir est un exploit dont nous sous-estimons les limites quotidiennes et les passages de frontières laborieux. Je me souviens du rythme de sa respiration quand je lui confie que je l’aime comme elle devient, de plus en plus proche d’elle-même bien que ralentie, un peu moins…, tellement plus… Je me souviens de son sourire quand je pars.

Traces de vérités partagées, vieilles manies avec les personnes âgées.


Chiromancevie

Je n ai pas suivi le fil de sa vie. Pas compliqué pourtant : elle naît, elle rêve, elle grandit, elle se résigne, elle meurt. Fil unique ? Un fil  de fuite, de reniement et de doute, un fil oui. Pas de suspension pourtant ? Non, pas de pointillé non plus, pas d infini.  Une ligne droite et pleine, sans délié inutile.  Elle n a jamais eu envie de la couper, la dédoubler, la tordre ? Si, mais comment faire …. Une ligne de vie inscrite dans ses gènes, on n y échappe pas, même tes mains te retiennent de tout écart… Tu sais lire les lignes de la main Lulu ? Je ne sais même pas déchiffrer ma vie au quotidien, que veux tu que je décrypte dans ces rides du destin.


Responsable à 100%

Ce sont tes désirs qui m’ont offert cet échantillon de force et de douceur, la mâle assurance de me tenir en vie quoiqu’il nous arrive. Ton rire a apaisé l’angoisse sourde de celle qui se dit que le bonheur attire irrémédiablement le malheur. C’est ton bras enlaçant ma taille qui a redonné de l’applomb à nos pas et mis de la vigueur à mes rêves. Tes doutes ont enrichi ma vision du monde ou conforté, si ce n’est mes certitudes, du moins mes valeurs. Tu m’as confirmé que les projets sont de belles aventures dès lors qu’ils se partagent avec gaieté et liberté, sans enjeux. Ton respect malicieux de mes travers et particularités a été un merveilleux encouragement à être moi, unique, uniquement, loin des attentes qui m’avaient formatée. Nos croyances respectives ont fait du monde qui nous entoure un paradis sans cesse renouvelé. Nos plaisirs ont été à la hauteur de nos envies et retenues, sans escalade malsaine, rien à se prouver, juste se savourer. Ce sont tes respirations qui m’ont donné le goût de souffler.
Etape de ma vie que rien n’arrêtera, pas même tes mensonges et tes tromperies. Ne garder que ce qui nous rend plus fort.


Aversion

Une goutte sur mon épaule. Tu jettes un regard courroucé sur le ciel tout en creusant. La goutte s’attarde sur mon bras, descend avec lenteur, ronde et claire. Tu t’apesantis avec rage sur une racine de lilas, peste, souffle et reprends le labeur. Une deuxième goutte se pose discrètement sur ma main. Je la regarde hésiter à continuer. J’incline mes doigts. Elle s affole puis s’étire. Tu t’arrêtes. Tes yeux m’interrogent. Ils évoquent les nuages une nouvelle fois et reprennent la direction dela terre, sombres et chargés. Je n’en finis pas de m’absorber dans cette goutte, je l’imagine royaume d’air pur et de beauté, espace de transparences et de simplicité. Cette fois je ne peux plus compter ces planètes translucides qui s’écrasent à grande vitesse sur moi.  Je ferme les yeux et laisse l’ondée me rappeler à nouveau que la peau sait saisir toutes les sensations de la vie, aussi bien que l’esprit. Je devine quand tu arrives avant même que ta main se pose sur mon bras. Il pleut. Il faut qu’on parle, me dis-tu.

Je déteste cette phrase.


Authentique flirt

Tu seras grand et tes cheveux bruns. 

Tu seras dynamique sans te perdre en efforts sportifs inutiles.

Tu seras simple, modeste mais conscient de ta valeur.

Tu te poseras mille questions sans oublier de vivre avec spontaneite.

Tu seras gentil et altruiste sans chercher à te faire aimer.

Tu seras directif avec respect et sensibilite.

Tu sauras la valoriser avec franchise.

Tu seras en paix avec ton ancienne vie

Tu jouiras des petites folies quotidiennes même déraisonnables.

Tu seras présent à ses côtés, en toute autonomie.

Tu prendras soin d’elle et la convaincra que c’est normal…

Tu prendras la vie avec humour et raison…raisonnable.

Tu n’hésiteras que pour l’inutile et le superflu, pas pour le nécessaire et l’essentiel.

Tu seras toi, merveilleusement, avec clarté et évidence.

Et elle sera épanouie. 

 

C’est simple quand c’est vrai ?